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Morgane Leten - Founder Guud

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Pourquoi votre intestin est également responsable de votre humeur

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Morgane Leten - Founder Guud

Une semaine, une concentration maximale et des conversations légères et sociables jusqu’à en tomber de fatigue – puis, la semaine suivante, irritabilité, insécurité et accès de colère incontrôlables. Pour beaucoup de femmes, l’humeur semble aléatoire ou imprévisible. Et pire encore : le monde extérieur balaie souvent cela d’un « c’est hormonal » ou d’un « c’est comme ça ».

Pourtant, les recherches montrent que ces variations d’humeur sont liées à la façon dont votre corps fonctionne tout au long de votre cycle. Mais surtout, ce qui se passe dans votre intestin joue un rôle bien plus important qu’on ne l’a longtemps pensé. Dans cet article, vous découvrirez tout sur le triangle cycle–humeur–intestin, la façon dont ces éléments s’influencent mutuellement et ce que vous pouvez faire pour soutenir votre humeur.

L’axe intestin–cerveau expliqué

Votre intestin et votre cerveau sont en communication constante. Par l’intermédiaire des voies nerveuses, du système immunitaire et des molécules de signalisation, ils s’échangent des informations sur votre énergie, votre stress et votre humeur. Cette communication bidirectionnelle est appelée axe intestin–cerveau, ou connexion cerveau–intestin. On parle même de l’intestin comme d’un « deuxième cerveau », tant il influence les émotions et l’humeur.

Un exemple : la sérotonine joue un rôle dans l’humeur, le calme et la stabilité émotionnelle, et une part importante des substances nécessaires à sa production est influencée au niveau intestinal. Cela ne signifie pas que votre humeur « se trouve dans le ventre », mais que votre intestin contribue à déterminer à quel point vous pouvez vous sentir stable ou, au contraire, plus vulnérable.

L’axe intestin–cerveau aide à comprendre des symptômes tels que :

Irritabilité : lorsque l’intestin est davantage sollicité, par exemple en période de stress ou de surcharge, le corps peut basculer plus vite en état d’alerte. Les stimuli sont alors perçus plus intensément.

Baisse de moral : les fluctuations des neurotransmetteurs (les substances qui transmettent des signaux dans le cerveau) peuvent contribuer à une sensation mentale plus lourde. L’intestin joue ici un rôle de soutien, car il influence la manière dont ces neurotransmetteurs sont produits et régulés.

Confusion mentale : lorsque le corps a besoin de beaucoup d’énergie pour se réguler et récupérer, il reste moins de marge pour la vivacité d’esprit. Les processus inflammatoires et la communication entre l’intestin et le cerveau jouent tous deux un rôle.

De plus en plus de recherches montrent que les fluctuations hormonales influencent aussi la composition et l’activité de votre microbiome intestinal (l’ensemble des micro-organismes présents dans vos intestins). Ces changements sont donc également liés à l’humeur et à la sensibilité au stress.

L’axe intestin–cerveau et votre cycle

L’axe intestin–cerveau n’est pas indépendant de votre cycle. Les fluctuations hormonales modifient la façon dont le système de communication entre l’intestin et le cerveau est calibré.

Concrètement : au cours du cycle, des hormones comme l’œstrogène et la progestérone fluctuent. L’intestin réagit à ces variations hormonales : il peut digérer les aliments plus facilement ou, au contraire, avec davantage de difficulté, et il envoie des signaux liés à l’énergie, à la satiété et à la sécurité. Ces signaux sont transmis directement au cerveau.

Votre cerveau utilise ces informations pour évaluer la place disponible pour la concentration, la stabilité émotionnelle et la récupération. Lorsque votre corps a besoin de beaucoup d’énergie pour maintenir l’équilibre, il reste moins de marge pour la clarté mentale ou la résilience.

Votre système fonctionne comme une boucle de rétroaction continue : les changements hormonaux influencent l’intestin et le système de stress → ceux-ci affectent le cerveau et l’humeur → ce qui détermine ensuite à quel point vous vous sentez résiliente lors de la phase suivante du cycle.

Dans certaines phases, votre corps peut traiter davantage de stimuli à la fois, et il devient plus facile de se sentir active et alerte. Dans d’autres phases, il réagit plus rapidement au stress ou à la pression, ce qui signifie que la fatigue et la surstimulation peuvent apparaître plus tôt.

Votre axe intestin–cerveau et les phases de votre cycle

La façon dont les hormones et les réponses intestinales interagissent varie selon les phases du cycle. Dans certaines phases, vous pouvez vous sentir plus stable, tandis que dans d’autres, vous pouvez être plus sensible au stress et aux stimuli :

Menstruation (hiver, 3 à 7 jours)

Pendant la menstruation, les taux d’œstrogène et de progestérone chutent à leur niveau le plus bas. Cela peut réduire le « bruit mental », mais aussi diminuer l’énergie. Le repos et la simplicité sont souvent bénéfiques pendant cette phase.

Phase folliculaire (printemps, 7 à 10 jours)

Après les règles, les niveaux d’œstrogènes augmentent. Cette hormone soutient notamment l’énergie, la concentration et la clarté mentale. De nombreuses femmes se sentent plus légères et plus vives pendant cette phase. L’intestin réagit souvent de façon plus stable lui aussi : les aliments sont digérés plus régulièrement et le corps est moins sujet à la surstimulation. Cela contribue à une humeur plus équilibrée.

Ovulation (été, 3 à 4 jours)

Autour de l’ovulation, les hormones liées à l’énergie et à la vigilance atteignent leur pic. Vous pouvez vous sentir sociable, concentrée et résiliente. En parallèle, cette vigilance accrue sollicite davantage l’organisme. Le système de stress est plus actif, tandis que la récupération passe au second plan. Résultat : l’accumulation de longues journées, de stimuli sociaux ou d’un repos insuffisant peut entraîner plus rapidement de la fatigue ou une baisse d’énergie brutale.

Phase lutéale (automne, 10 à 14 jours)

Après l’ovulation, l’équilibre hormonal se modifie. La progestérone augmente, tandis que l’œstrogène diminue d’abord, puis remonte brièvement. Ces fluctuations demandent une adaptation continue de l’organisme. Durant cette phase, l’intestin réagit souvent plus fortement au stress, à l’alimentation et à d’autres stimuli.

À mesure que la phase lutéale avance et que la progestérone et l’œstrogène chutent brutalement juste avant les règles, l’équilibre inflammatoire de l’organisme change lui aussi. Cette baisse s’accompagne d’une augmentation temporaire de l’activité inflammatoire, un processus biologique normal qui prépare le corps à la menstruation.

Cette légère réponse inflammatoire peut renforcer des sensibilités déjà présentes et se répercuter sur l’énergie, la concentration, l’humeur et la digestion. C’est d’ailleurs souvent pendant cette phase que des symptômes comme l’irritabilité, la baisse de moral, le brouillard cérébral ou les ballonnements deviennent plus marqués.

Trois conseils simples pour soutenir votre humeur

Vous ne pouvez pas tout contrôler, et la pression au travail, les responsabilités, les délais ou le manque de sommeil ne se planifient pas toujours autour du cycle. Cette section ne vise donc pas à supprimer tous les déclencheurs de votre vie, mais à créer des conditions qui aident votre corps à mieux supporter la charge.

Rythme et récupération grâce à l’alimentation

Un rythme alimentaire régulier aide le corps à percevoir de la prévisibilité, surtout pendant les phases où vous êtes plus sensible. Cela donne des repères à votre organisme, même lorsque le reste de la journée est chargé.

Mangez en fonction de votre cycle, de manière aussi régulière que possible

Ce n’est pas ce que vous mangez en une seule journée qui fait la différence, mais la façon dont vous abordez l’alimentation tout au long du cycle. La variété et la régularité soutiennent votre intestin et, par conséquent, votre humeur.

Stress et sommeil

Le stress et les nuits fragmentées augmentent la sensibilité de l’axe intestin–cerveau. Surtout pendant la seconde moitié du cycle, accorder davantage d’attention à la récupération peut aider à rendre les variations d’humeur moins intenses.

Enfin

Les variations d’humeur au fil du mois ne signifient pas que votre corps « ne fonctionne pas correctement ». Mais si elles vous pèsent vraiment, vous n’êtes pas obligée de les accepter passivement. Elles montrent comment votre corps réagit aux fluctuations hormonales, aux exigences du quotidien et aux signaux internes.

En considérant l’humeur, l’intestin et le cycle comme un tout, vous obtenez une vision réaliste de ce qui se passe, ce qui vous permet de faire des choix qui vous soutiennent au lieu de vous freiner.

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