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Morgane Leten - Nutrition & Fertility Coach

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Les symptômes de l’Anxiété Post-Partum

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Morgane Leten - Nutrition & Fertility Coach

Avoir un enfant, c’est un véritable ascenseur émotionnel. Après un accouchement réussi, il y a la phase où on se sent comme sur un petit nuage, alors qu’on admire le nouveau membre de la famille. Tout, à ce moment-là, est nouveau et excitant, et chaque jour amène son lot de grandes premières : première fois en voiture, première rencontre avec les grand-parents, première balade à l’air frais, etc. Cette phase est souvent magique pour les parents. 

Mais ce bonheur peut s’accompagner d’une sacré dose d’anxiété. En effet, tous les parents s’inquiètent pour leur enfant, mais parfois, les mamans s’inquiètent en excès, au point que ça finit par impacter leur vie quotidienne. Ce type d’inquiétude porte un nom : l’anxiété post-partum. Elle peut surgir après un accouchement et s’accompagne parfois de symptômes physiques. Vous avez sans doute déjà entendu parler du “baby  blues”. C’est un terme souvent utilisé pour décrire un moment, qui survient généralement 3 à 5 jours après la naissance, et durant lequel les mamans sont sujettes aux pires sautes d’humeur à cause des changements d’hormones… Généralement, ce moral en berne est le résultat d’hormones en pleine fluctuation, mais cela s’atténue avec le temps (ça passe généralement endéans les 2 semaines). Alors, comment savoir si vous avez vraiment un problème ? Quels sont les signes d’une anxiété post-partum ou d’une dépression post-partum et quand demander de l’aide ?

Dans cet article, nous allons explorer les détails de cette expérience commune et vous aider à identifier les symptômes de l’anxiété post-partum, tout en vous donnant des conseils sur la façon de vous soulager pour rapidement retrouver la joie d’être maman !

L’anxiété post-partum, c’est quoi ?

L’anxiété post-partum, c’est bien plus que de s'inquiéter pour son enfant. Ce type d’anxiété implique généralement des peurs irrationnelles ou une inquiétude exacerbée que quelque chose va mal ou va mal tourner. Et ça persiste toute la journée, tous les jours. Ca peut aussi ne pas uniquement concerner votre bébé. L’anxiété post-partum est source d’inquiétude pour un tas de choses. Si vous avez été victime d’anxiété auparavant, vous allez sans doute y trouver des similitudes; cela dit, l’anxiété post-partum est généralement plus intimement liée avec le fait d’avoir un enfant et de devenir parent. 

Les sage-femmes et médecins peuvent généralement vous fournir des informations utiles à propos du “baby blues”. Si vous avez eu un enfant récemment, il est possible qu’on vous ait dit que vous pouviez vous attendre à de la tristesse et de la dépression au cours des semaines suivant l’accouchement, classique. Mais beaucoup de nouvelles mamans ne sont pas prévenues concernant ce sentiment ultra-anxieux qui peut aussi être très commun, et aller jusqu’à se transformer en crise d’angoisse.  

10 à 15% des nouvelles mamans souffrent d’anxiété post-partum et environ la moitié des femmes en dépression post-partum présentent aussi des symptômes d’anxiété post-partum. 

Alors, comment savoir si ce que vous ressentez est de l’anxiété post-partum, ou si vous avez juste d’inquiétudes normales de nouveau parent ? Continuez à lire pour le savoir. 

Qu’est-ce que vous ressentez ?

Quels sont les symptômes de l’anxiété post-partum et en quoi sont-ils différents de l’anxiété ?

Tout le monde ne ressent pas la même chose, mais il existe des symptômes typiques de l’anxiété post-partum. Parcourez la liste et prenez note de ce que, vous aussi, vous ressentez :

  • Une inquiétude excessive (s’inquiéter toute la journée au sujet de différentes choses)
  • Des changements dans les habitudes alimentaires et de sommeil (au-delà des perturbations ordinaires provoquées par le bébé)
  • Des étourdissements
  • La crainte que quelque chose de terrible va se produire
  • Des bouffées de chaleur
  • Un manque de concentration
  • Des nausées
  • Des pensées qui fusent
  • Des crises d’angoisse
  • Un pouls rapide

L’anxiété post-partum peut survenir à tout moment entre la naissance et le premier anniversaire du bébé. Mais pour certaines femmes, l’anxiété peut s’installer pendant la grossesse également. La plupart des femmes qui souffrent d’anxiété post-partum vont en percevoir les symptômes rapidement après la naissance. Donc, si vous êtes déjà maman depuis quelques mois, vous pourriez penser que vous y avez échappé. Cependant, un événement particulièrement stressant ou même le sevrage de l’allaitement peuvent déclencher de l’anxiété post-partum des mois plus tard. Soyez donc attentive à ce que vous ressentez.

Les causes de l’anxiété post-partum et qui est plus susceptible d’en souffrir ?

Durant la grossesse, les taux d’oestrogène et de progestérone font x10 ! Ils sont ensuite en chute libre et retombent grosso modo à zéro dans les 24h suivant l’accouchement. Au cours des jours suivant l’accouchement, vous allez également devoir gérer un sommeil interrompu (ou pas de sommeil du tout), de nouveaux horaires, de nouvelles responsabilités, et les changements bouleversants qui accompagnent l’arrivée d’un nouveau bébé. On sait que la société s’attend implicitement à ce que les jours qui suivent votre accouchement soient “les plus heureux de votre vie”, ce qui explique aussi que de nombreux parents se sentent… à côté de la plaque. Tout nouveau parent peut développer de l’anxiété post-partum, mais il existe des facteurs qui augmentent le risque de développer cette condition. Il s’agit de :

  • Un historique anxieux (chez vous ou votre famille)
  • Un historique de syndrôme prémenstruel, avec des symptômes comme l’irritabilité ou le moral en berne
  • Des troubles alimentaires
  • Des TOC 
  • Un historique de dépression
  • Votre personnalité. Certaines mères qui se décrivent comme étant hyper sensibles ou inquiètes de manière générale souffrent souvent plus d’anxiété post-partum. 

Il est aussi important de souligner que votre propre chemin vers la maternité peut vous rendre plus sujette à l’anxiété post-partum. Si vous avez souffert de la perte d’un bébé, mort-né ou par fausse cauche, vous êtes beaucoup plus susceptible de développer de l’anxiété post-partum et une dépression post-partum. C’est parce que la crainte obnubilante que quelque chose peut mal tourner ne disparaît pas, même avec l’arrivée d’un bébé en bonne santé. Si vous avez ce genre de ressenti, sachez que c’est normal et qu’en parler à un thérapeute ou un groupe de soutien peut vraiment vous aider.

Ça dure combien de temps ?

Si vous êtes dans le dur actuellement, vous vous demandez certainement combien de temps elle va durer, cette anxiété post-partum ! On aimerait pouvoir vous donner un timing précis pour vous soulager, mais malheureusement, chaque expérience est différente. La bonne nouvelle, c’est que ces symptômes vont disparaître avec le temps et que cette situation n’est pas permanente. 

Si vous souffrez, on vous recommande de demander de l’aide là, tout de suite ! L’anxiété, sévère ou modérée, peut stagner indéfiniment si elle n’est pas traitée. 

Quelle est la différence entre l’anxiété post-partum et la dépression post-partum ?

La dépression post-partum et l’anxiété post-partum sont différentes. La dépression post-partum provoque généralement une tristesse extrême chez la mère, voire un manque d’intérêt pour son nouvel enfant. Les symptômes de l’anxiété post-partum relèvent plutôt d’une inquiétude extrême. Si vous souffrez d’anxiété post-partum, vous allez constamment vous sentir inquiète et à fleur de peur. 

La dépression post-partum est généralement ce dont tout le monde parle, ce qui fait aussi que les mamans souffrant d’anxiété post-partum ne reçoivent aucun traitement, ni diagnostic puisque leur inquiétude exacerbée ne fait pas l’objet d’une analyse particulière. Malheureusement, peu de recherches s’intéressent à l’anxiété post-partum, malgré qu’elle soit sans doute plus courante que la dépression post-partum. 

Les deux phénomènes peuvent aussi être concomitants, ce qui rend leur identification complexe ! Environ la moitié des femmes souffrant de dépression post-partum souffrent aussi d’anxiété. Notez aussi que l’une de ces conditions peut amener l’autre dans son sillon. Par exemple, si l’anxiété post-partum envahit votre vie, vous allez sans doute vous sentir déprimée (ou vice versa). 

Que faire si vous souffrez d’anxiété post-partum ?

Traiter l’anxiété post-partum, c’est possible ! Et il existe plusieurs choses que vous pouvez faire avant de consulter un professionnel de la santé. Voici une liste de choses simples que vous pouvez essayer pour soulager votre sentiment d’anxiété.

Faites des câlins à votre bébé

On commence par le plus simple. Câlinez votre bébé. Faites-le sans modération ! Embrasser votre bébé libère de l'ocytocine, ce qui peut faire baisser votre taux d’anxiété.

Dormez autant que possible

Le sommeil, ça peut vite devenir optionnel durant les premières semaines suivant l’arrivée de bébé, mais essayez de vous arranger avec votre partenaire pour que chacun de vous puisse au moins dormir 4 heures d’affilée par nuit. Certaines personnes vous diront de “dormir dès que l’enfant dort”, mais c’est un conseil qui s’avère souvent irréaliste. Au lieu de ça, essayez de dormir dans des chambres séparées avec votre partenaire, ou occupez-vous du bébé à tour de rôle. N’hésitez pas non plus à vous faire aider, si vous pouvez vous le permettre, ou à demander le coup de pouce de votre famille pour vous accorder un peu de repos. Le manque de sommeil peut contribuer à votre anxiété, il est donc important de trouver des moyens de dormir pour gérer vos émotions et être un meilleur parent pour votre enfant. 

Passez du temps avec d’autres mères

Sortir de chez vous et socialiser quand vous avez un nouveau-né peut vous sembler un Everest ! Surtout si vous êtes fatiguée… Mais n’oubliez pas : l’isolation nourrit l’anxiété. Alors, même si vous êtes introvertie, entrer en connexion avec d’autres mères (même en ligne) peut avoir un effet miraculeux sur votre santé mentale. Parler avec des femmes dans la même situation que vous peut vous aider à identifier et à valider votre ressenti (préparez-vous à dire “moi aussi !” une tonne de fois !) et ça peut aider à diminuer vos craintes, tout en réalisant que vous n’êtes pas seule. Il y a de fortes chances pour que de nombreuses femmes ressentent la même chose que vous, et le fait de vous sentir vue et entendue peut vraiment vous aider à soulager vos inquiétudes. 

Sevrez votre enfant progressivement

Si vous allaitez et que vous décidez de sevrer votre enfant, faites-le en douceur. Pensez au sevrage comme à un processus, pas à un événement soudain. Pour vous et pour votre enfant, le sevrage progressif est recommandé, et à implémenter sur plusieurs semaines voire plusieurs mois. Cela vous aidera à minimiser les fluctuations hormonales soudaines, qui peuvent contribuer à l’anxiété. Cela vous aidera à transitionner plus aisément.  N’hésitez pas à demander conseil à votre sage-femme ou à un professionnel de l’allaitement pour vous aider dans ce processus. 

Faites un peu de sport, en douceur

Chez Guud Woman, on est les premières à toujours recommander une activité physique régulière ! Pas d’exception donc pour les nouvelles mamans ! Bien que la récupération post-accouchement puisse prendre du temps, et que l’allaitement consomme beaucoup d’énergie, nous vous recommandons quand même de bouger votre corps tous les jours. L’activité physique est l’une des stratégies anti-anxiété les plus puissantes. On vous rassure, on ne vous demande pas de vous embarquer dans une session ultra-cardio et ultra-transpirante pour pouvoir en retirer les bénéfices. Un peu de marche, de randonnée, ou de yoga peuvent être particulièrement efficaces et tout doux pour tout un chacun - peu importe quand vous avez accouché. 

Il y a aussi de nombreux groupes d’exercices physiques pour les nouvelles mamans qui intègrent une activité physique. Envisagez d’y participer. La combinaison entre l’interaction sociale et l’activité physique peut apporter un vrai changement à votre santé mentale. 

Reconnaissez que vous êtes en surcharge sensorielle ou que votre corps ne veuille plus “être touché”

Beaucoup de mères ressentent une surcharge sensorielle suite au fait que leur corps soit constamment sollicité par leur enfant. Qu’il s’agisse de l’allaitement ou du fait de devoir consoler son bébé quand il pleure, votre corps pourrait vous donner l’impression qu’il ne vous appartient plus et que vous avez besoin d’un break. Si vous vous sentez dérangée par le toucher physique, ça pourrait être le signe que vous avez besoin de plus de temps pour récupérer. De nombreuses mères déclarent ressentir un mélange d’anxiété et de claustrophobie, mais n’oubliez pas qu’avoir besoin de temps sans votre enfant est normal, naturel et humain. Reconnaissez que c’est ce que vous ressentez et essayez de ne pas vous en sentir coupable. C’est important de demander de l’aide si vous en avez assez d’être touchée… ce qui nous amène au point suivant.

Demandez de l’aide

On a tendance à penser qu’on peut y arriver seule. Et parfois, il est difficile de demander de l’aide. Ça peut vous faire sentir vulnérable ou pire, en échec. Mais en réalité, mesdames, demander de l’aide ne fait pas de vous quelqu’un de faible. Demander de l’aide, c’est le signe que vous êtes forte ! L’éducation d’un enfant, c’est le résultat d’apports divers. Ça demande beaucoup de travail, et ce n’est pas le job d’une seule personne !

Vous avez du mal à demander de l’aide ? Voici ce qu’on vous suggère pour commencer en douceur : si vous allaitez, demandez de l’aide pour accomplir les tâches ménagères. Et soyez très spécifique. Souvent, les gens sont pleins de bonnes intentions mais ils ne savent pas quoi faire. Ca peut vous sembler malaisant de dire exactement ce que vous voulez - comme si vous donniez des ordres -, mais les gens préfèrent savoir quoi faire ! Au plus vous allez demander de l’aide, au plus il sera facile de le faire. Et au plus les gens peuvent vous décharger, au mieux vous vous sentirez. Et ils se sentiront satisfaits, eux aussi ! Il est scientifiquement prouvé qu’aider les autres rend les gens heureux !

Aidez-vous de compléments alimentaires

Trouver le temps pour nourrir votre corps des bons aliments peut être compliqué quand vous vous occupez d’un bébé. Et être en carence de vitamines et minéraux importants peut contribuer aux sentiments d’anxiété et de dépression. Essayez d’ajouter un complément alimentaire à votre alimentation pour vous assurer que votre corps reçoit bien tout ce dont il a besoin. Optez pour des compléments alimentaires riches en acides gras oméga-3, tels que fournis par l’huile de algues. L’oméga-3 contribue à la réduction de l’inflammation et il est prouvé qu’il est efficace dans la prévention et le traitement de la dépression. Si vous êtes végétarien ou végan, vous pouvez aussi trouver votre apport en oméga-3 dans les algues, plutôt que dans le poisson.


Envisagez aussi de prendre de la vitamine B6. Il est également prouvé qu’elle peut avoir un effet positif sur l’atténuation de la dépression post-partum et de l’anxiété post-partum, surtout chez les mamans plus sujettes au développement de conditions post-partum.


Enfin, prenez du magnésium. Le magnésium oeuvre à diminuer la réaction de votre corps face au stress. Il booste également les hormones du bonheur et soutient les parties de votre cerveau responsables de la peur et de l’anxiété, tout en créant de nouveaux souvenirs qui contribuent à la réduction de l’anxiété.

Vous ressentez des symptômes d’anxiété post-partum ou de dépression post-partum ? Nous ne savez pas à qui en parler ? Chattez avec nous ! Nous mettons à votre disposition des expertes qui comprennent ce que vous traversez et qui vous écoutent. On est là pour vous apporter du réconfort et des solutions…ou les deux. Peu importe ce dont vous avez besoin. On est là pour vous soutenir.