Le rôle des intestins dans l’équilibre hormonal
Revue par
Dr. Sophie Kuizenga-Wessel, MD/ PhD
Vos intestins ne se contentent pas de digérer ce que vous mangez. Ils jouent un rôle essentiel dans votre bien-être, l’apparence de votre peau et la façon dont votre corps gère les hormones. Saviez-vous que la majorité de la sérotonine — l’hormone du bien-être — est produite dans l’intestin ? Il n’est donc pas étonnant que la santé intestinale influence votre énergie, votre humeur et votre cycle menstruel.
Les intestins sont intimement liés à l’équilibre hormonal. Les fluctuations hormonales influencent la vitesse du transit intestinal, la sensibilité digestive et l’efficacité avec laquelle les nutriments et les hormones sont transformés et éliminés.
Chez Guud Woman, nous croyons que comprendre son corps apporte de la sérénité. Dans cet article, nous vous emmenons à la découverte du lien entre les intestins, la digestion, les ballonnements et le cycle menstruel — pour mieux comprendre les signaux que votre corps vous envoie.
Pourquoi la digestion change au fil du cycle
Le cycle menstruel est régulé par une interaction subtile entre le cerveau et les ovaires, avec l’œstrogène et la progestérone comme hormones clés. Ces hormones n’agissent pas uniquement sur l’utérus : elles influencent aussi la motilité intestinale (la vitesse à laquelle les intestins se contractent) et peuvent modifier l’activité et la composition du microbiote intestinal.
Les études scientifiques montrent que les variations hormonales peuvent contribuer à :
- la constipation avant les règles
- la diarrhée pendant les règles
-
les ballonnements et les douleurs abdominales
Progestérone et constipation avant les règles
Après l’ovulation, le taux de progestérone augmente. Cette hormone joue un rôle fondamental : elle prépare le corps à une éventuelle grossesse en aidant la muqueuse utérine à se développer et à se stabiliser.
À ce moment-là, le corps adopte une posture plus protectrice et tournée vers l’intérieur. La progestérone a un effet apaisant et stabilisant, non seulement sur l’utérus, mais aussi sur les muscles lisses, y compris ceux des intestins. Résultat : le transit ralentit, la digestion devient plus lente et cela peut entraîner constipation et sensation de lourdeur ou de ballonnement.
Sur le plan émotionnel et mental, la progestérone peut également se faire sentir. Beaucoup de femmes vivent cette phase comme plus calme et introspective : l’énergie se tourne vers l’intérieur, avec un besoin accru de repos, de douceur et de ralentissement. Ce n’est pas un signe de faiblesse, mais un signal biologique logique invitant à lever le pied.
Chaque femme étant différente, cette expérience peut toutefois varier.
Conséquences possibles sur la digestion :
- transit ralenti
- Constipation
-
sensation de lourdeur ou de ballonnement
Ces changements sont souvent plus marqués dans les jours qui précèdent les règles.
Diarrhée pendant les règles : le rôle des prostaglandines
Au début des règles, les taux d’œstrogène et de progestérone diminuent, tandis que la production de prostaglandines augmente. Ces substances permettent à l’utérus d’éliminer sa muqueuse en provoquant des contractions, mais elles agissent aussi sur les intestins.
Elles peuvent accélérer le transit intestinal et rendre les intestins plus sensibles, ce qui explique les changements de digestion souvent observés pendant les règles.
Cela peut se manifester par :
- des selles plus molles ou une diarrhée
- une envie plus fréquente d’aller aux toilettes
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des crampes abdominales ou une gêne sourde dans le bas-ventre
Ces symptômes sont généralement plus intenses durant les premiers jours des règles et s’atténuent lorsque le niveau de prostaglandines diminue.
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Un cycle équilibré commence par le foie et les intestins
De nombreuses études scientifiques montrent que l’équilibre hormonal est étroitement lié à la santé de deux organes essentiels : le foie et les intestins. Leur rôle est souvent sous-estimé.
Le foie est responsable de la détoxification et de la régulation des hormones. Lorsque ces fonctions sont ralenties ou surchargées, cela peut avoir un impact sur la santé générale et menstruelle.
Après avoir rempli sa fonction — généralement après l’ovulation — l’œstrogène est transformé par le foie en une forme inactive. Il est ensuite évacué par les intestins et éliminé via les selles.
Lorsque le foie est fortement sollicité (mode de vie, alcool, médicaments, contraception hormonale prolongée), d’autres processus peuvent être prioritaires. L’élimination de l’œstrogène peut alors être retardée, entraînant une présence plus élevée d’œstrogènes actifs dans le sang, souvent décrite comme une dominance œstrogénique.
Cela peut s’accompagner de symptômes tels que :
- règles abondantes
- crampes douloureuses
- Ballonnements
- sautes d’humeur
- Acné
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sensibilité mammaire
Le microbiote intestinal et l’œstrogène : le rôle de l’estrobolome
Après le foie, les intestins jouent un rôle clé. Ils ne participent pas seulement à la digestion, mais soutiennent aussi le métabolisme, le système immunitaire et l’équilibre hormonal.
Le microbiote intestinal regroupe des milliards de micro-organismes — bactéries, levures, champignons et virus — indispensables à la santé.
Parmi eux se trouve un groupe spécifique impliqué dans le métabolisme des œstrogènes : l’estrobolome.
Ces bactéries influencent la manière dont l’œstrogène est traité dans les intestins et déterminent s’il est éliminé ou réabsorbé dans la circulation sanguine.
Lorsque l’estrobolome fonctionne de manière déséquilibrée, une partie de l’œstrogène peut être réactivée et réabsorbée. Une faible diversité bactérienne peut entraîner une baisse des œstrogènes circulants, tandis qu’une activité excessive peut augmenter leur niveau.
À long terme, ces déséquilibres peuvent contribuer à des troubles hormonaux. L’estrobolome est influencé par l’âge, la génétique, l’alimentation, le stress, l’alcool, l’environnement et l’usage d’antibiotiques.
Comment soutenir une bonne digestion ?
- Consommer suffisamment de fibres (fruits, légumes, céréales complètes)
- Boire suffisamment d’eau
- Limiter l’alcool
- Soutenir le foie avec des légumes crucifères
- Bouger chaque jour
- Manger lentement et bien mâcher
- Observer son transit (fréquence, forme, couleur)
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Envisager des pré- et probiotiques